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Louis CHABAUD

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Peintre et sculpteur humoriste contemporain

 

C’est le propre de la sculpture populaire, nous disent les spécialistes, de tendre vers un art total, lié au spectacle, et de s’inscrire dans toutes sortes de mises en scène visant par divers artifices à simuler la vie (mécanisme imitant la parole ou le mouvement, effet de costume, accompagnement musical, etc.). En cela elle se distingue de la grande statuaire, plus statique, éprise de beauté pure : perfection des lignes, des formes,  des volumes. Comme l’art naïf par ailleurs, jamais à l’aise dans les arcanes de l’abstraction, elle a tendance à être franchement narrative, et ne craint pas pour cela d’adopter parfois le ton d’un certain humour, teinté de moralisme.

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Je ne sais si Louis Chabaud, à la façon de Chaissac, qui se voulais non pas auteur d »‘art brut », mais « peintre rustique populaire », se considère comme sculpteur (ou peintre) populaire contemporain. Toutes ses oeuvres en tous cas, ses grands tableaux à l’onirisme débridé et surtout ses céramiques colorées où se manifeste un souci évident de provocation, semblent prises d’une irrésistible envie de parler : c’est une peinture ou une sculpture humoristique à thèmes, pleine de jeux de mots, grimaces et doubles-fonds, qui s’apparente davantage à l’art des meilleurs caricaturistes de presse, ou à une BD, qu’à l’art souvent guindé des galerie. Chabaud d’ailleurs, s’il a commencé par une peinture au départ plutôt réaliste et commerciale, est aussi dessinateur, et ses oeuvres les plus personnelles proviennent de petits croquis jetés au hasard de l’inspiration sur le papier.

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Quelque titres, pour donner un aperçu du personnage et de son monde : « Les oreilles ont des yeux », « Sang mêlé. Ci-git le racisme », « La vie, ça tient à un fil », « Le créateur, sac de noeuds », « Le fada », « Le pêcheur marsaillais », « Je porte mon accent sur le bord de l’oreille », « La narine de l’écologie », « Putain d’embouteillage »,  « Le poids du stress », « Le parasite est assis sur notre naïveté »… Tout un ensemble de scènes  ingénues, hautes en couleurs, d’un surréalisme spontané, avec diverses petites fables illustrées, et beaucoup de bustes ou de visages, souvent bifaces, comme est l’univers sentimental du clown, qui nous fait rire, tantôt noir tantôt jaune, en faisant défiler devant nous tous les types de la petite comédie humaine contemporaine.

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Tel est l’univers de Chabaud, truculent, chaleureux, vaguement sentencieux parfois, comme une idée de Reiser tempérée par Brassens. On ne s’étonnera pas d’apprendre qu’un tel homme a exercé tous les métiers, marchand de glace, mime, ou amuseur de cabaret.  Et surtout que ce natif d’Aubagne, parfaitement autodidacte dans les beaux-arts, a tout de même suivi, au hasard des rencontres, l’enseignement de deux maîtres : Théo SICARD, professeur de céramique aux Beaux-Arts de Marseille, et Marius CHAVE, grand santonnier d’Aubagne. Une façon joliment personnelle de renouveler la tradition du métier.

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Laurent DANCHIN.

Mars 1993.

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